Le retord consiste à assembler ensemble des fils qui sont ensuite retordus sur eux-mêmes.

C’est au retord que l’on fabrique les câblés pour les embrasses notamment, mais aussi les apprêts. Les apprêts sont des assemblages de fils plus fins (guipures, ganses, facettes, croquets, veloutines, duchesses, milanaises, ganses,  cartisanes, migrets, cannetilles,  brins moulinés et brins torses) qui servent pour le tissage et les travaux d’établi.

Le retord est un poste important qui surprend toujours les visiteurs, et demande beaucoup de concentration et d’expérience. Il faut 5 ans pour former un bon retordeur. L’atelier de retord nécessite de la place. Il est installé dans une pièce longue de 20 à 30 mètres,  un rouet insuffle une torsion à un ensemble de fils tendus sur la longueur de la pièce.

Le retordeur porte à la ceinture une batterie (« main ») de bobines de fils,  il marche régulièrement le long de l’âme de coton pour la recouvrir de fils de façon régulière, et lui donner un certain retord. Il doit trouver la bonne cadence, car s’il va trop vite, il ne recouvre pas tout (« ça pique ») et s’il va trop lentement, cela fait des surcharges (« boulettes »).
Suivant les grosseurs de câble à exécuter, il règle la vitesse du rouet. Plus l’âme est grosse, plus le rouet doit tourner lentement.

Il existe de nombreuses sortes de câblés, les deux principales sont :

-       le câblé guipure

(l’âme est recouverte par les fils se déroulant perpendiculairement à elle)

 

-       le câblé soufflé

(les fils de couverture sont tendus parallèlement à l’âme, la mollette est mise en route pour retordre ensemble âme et fils)

 

Pour les tiges de lustre, on rajoute des câbles d’acier à l’âme de coton.

Pour les apprêts, on peut utiliser des fils de fer, du plastique selon les besoins.

Les apprêts sont mis en bobines puis utilisés pour tisser les crêtes, les biais, les queues de cochon, les nœuds hongrois, les nœuds d’amour… ou pour fabriquer à l’établi les miroirs, griffes, cocorinettes ou migrets.

 Chez Declercq Passementiers, Ismael et Olivier sont en charge du retord.

 

 Olivier, retordeur chez Declercq Passementiers

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Ouvrages consultés :

La passementerie, par Pierre Boudet et Bernard Gomond. Dessein et Tolra /SEMA 1981 

La passementerie, catalogue de l’exposition au couvent des cordeliers. Métiers d’art de Paris 1993

 Et le ruban prit du galon par Evelyne Baron. Musée des pays de Seine-et-Marne 1998

 

et l'expertise des passementiers de notre maison... 

 

voir aussi notre glossaire : 

http://www.declercqpassementiers.fr/passementerie.php?niv=4